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Le guide de l'installation des Jeunes Agriculteurs

 

> > Le financement de l'exploitation

 

S'installer nécessite beaucoup de capitaux.

Le financement d'une installation en agriculture peut se présenter sous différentes formes :

- l'autofinancement
- les aides publiques nationales
- les autres formes de financement

 

L'autofinancement
Les aides publiques nationales
Le prêt bonifié "Jeune Agriculteur"
Les autres formes de financement
Le P.I.D.I.L.

 

 

L'autofinancement

Il provient des ressources personnelles (épargne, salaire différé) ou familiales (donation, danation-partage)

Le salaire différé

Il représente le remboursement de la dette des parents envers un enfant qui a travaillé sur l'exploitation, directement et de façon effective sans percevoir de rémunération.

 

Peuvent en bénéficier :

- les descendants de l'exploitant agricole

- les conjoints des descendants (sauf s'ils sont divorcés) ; ils doivent avoir participé à l'exploitation ou être veufs (ou veuves), avec des enfants mineurs ou n'ayant pas terminé leurs études agricoles.

 

Les conditions

- être âgé d'au moins 18 ans,

- avoir participé effectivement à l'exploitation,

- ne pas avoir été en société,

- ne pas avoir perçu de rémunération (sauf argent de poche) et ne pas avoir été associé aux bénéfices.

 

Le montant
Il est égal au 2/3 d'une somme correspondant à 2 080 fois le SMIC horaire multiplié par le nombre d'années de travail à partir de 18 ans (avec un maximum de 10 ans).

L'associé d'exploitation conserve son droit au salaire différé. Ce droit est total s'il ne percevait que l'allocation minimale. S'il recevait une participation aux bénéfices, le salaire différé sera réduit de la fraction de l'intéressement supérieur à l'allocation minimale.

 

Quand le demander ?
Il peut être versé au jeune soit après le décès de l'exploitant, à l'occasion du départ à la retraite, d'un partage, d'une donation.

 

Le régime fiscal
Il n'est pas imposable et ne donne pas lieu à perception de droit d'enregistrement. L'exploitant qui verse le salaire différé, peut à certaines conditions, le déduire au moins pour partie de ses bénéfices agricoles réels.

 

 

Les aides publiques nationales

Pour aider les jeunes, un certain nombre de mesures ont été prises. Elles ne sont pas automatiques et sont soumises à conditions. Au jeune de les utiliser à bon escient et de ne pas s'engager dans une situation sans issue.

 

La dotation aux jeunes agriculteurs (D.J.A.)

la DJA est une aide à la création ou à la reprise d'une exploitation agricole dont la modulation et l'attribution sont fixées selon des règles départementales bien définies.

 

Conditions d'attribution

Attention : ne pas s'installer avant d'avoir déposé la demande de dotation !

--> Avoir entre 18 et 40 ans
Prolongé de la durée du service national et d'un an par enfant à charge, il est possible de déroger à l'âge minimum dans la limite de 40 ans à l'âge effectif de l'installation.

--> Etre de nationalité française ou ressortissant de l'Union Européenne.

--> Répondre aux conditions d'assujettissement à l'Assurance Maladie des Exploitants Agricoles (AMEXA)

--> Etre titulaire d'un diplôme de niveau V équivalent au BEPA/BPA, pour les jeunes nés avant le 01/01/71, d'un Bac pro ou équivalent (niveau IV) et avoir effectué le stage de six mois hors de l'exploitation familiale pour les jeunes nés après le 01/01/71.

--> Avoir effectué le stage préparatoire à l'installation (SPI) et réalisé son Etude Prévisionnelle d'Installation (EPI). Cette étude montrera la viabilité du projet d'installation et fera ressortir au terme d'un délai de 3 ans (ou de 6 ans dans certains cas), un revenu disponible agricole prévisionnel par Unité de Travail Agricole Familial (U.T.A.F.). Ce revenu devra se situer entre 60% et 140% du Revenu de Référence National. L'étude doit être déposée à l'ADASEA. Elle sera examinée par la Commission Départementale d'Orientation Agricole.

--> S'engager à être agriculteur à titre principal pendant dix ans c'est-à-dire consacrer plus de la moitié de son temps à l'exploitation et tirer plus de 50 % de son revenu global des activités de production agricole ainsi que des activités s'inscrivant dans le prolongement de l'exploitation (tourisme...).
La part de revenu provenant de l'activité de production agricole ne peut être inférieure à 25 %. Inscription AMEXA (exploiter 1/2 SMI)

--> Tenir une comptabilité de gestion correspondant aux normes du plan comptable général agricole, transmise annuellement à la DDAF.

--> S'assujettir à la T.V.A. au plus tard au cours de l'année suivant celle la décision d'octroi des aides.

--> Effectuer les travaux de mise en conformité des équipements qui sont exigés par la réglementation relative à la protection de l'environnement.

--> Satisfaire aux normes minimales requises en matière d'hygiène et de bien être des animaux dans un délai de 3 ans.

 

Montant et modalités de paiement de la dotation

LA D.J.A. peut varier de :
- 8000 à 17300 E en zone de Plaine
- 10300 à 22400 E en zone défavorisée
- 16500 à 35900 E en zone de montagne.

Un premier versement de 70 % du montant accordé est versé dans les trois mois suivant la confirmation de l'installation.

Un deuxième versement de 30 % est effectué après avis de la commission départementale au terme du 3e exercice comptable complet quand les conditions nécessaires sont remplies : engagements réglementaires initiaux satisfaisants, installation conforme au projet initial.

 

L'installation des conjoints

Dans le cas où le conjoints du bénéficiaire de la DJA exerce une activité agricole à titre principal (minimum 0,5 UTAF), le montant de la DJA perçus par le chef d'exploitation peut être majoré dans la limite des plafonds ci-dessous :

Zone Maximum
Montagne
Défavorisée
Plaine
52400 E
32600 E
25300 E

Le conjoint collaborateur doit s'engager à exercer une activité sur l'exploitation d'une durée minimum de 5 ans et doit remplir les mêmes conditions d'accès générales aux aides à l'installation.

Si les deux conjoints demandent les aides pour réaliser deux installations au sein de la même société, le cumul des deux DJA perçues ne peut pas excéder ces mêmes plafonds. Lors de l'installation des deux conjoints sur deux exploitations distinctes, chacun bénéficie de l'octroi des aides aux taux de base.

 

 

Le prêt bonifié "Jeune Agriculteur"

Dans le cadre de ces prêts particuliers, c'est l'Etat qui prend en charge une partie des intérêts dus par le bénéficiaire pendant toute ou partie de la durée du remboursement. Ainsi, les taux consentis sont inférieurs à ceux du marché.

La réglementation des prêts bonifiés est fixée par l'Etat et l'Union Européen qui précisent les critères d'attribution et les caractéristiques de chaque type de prêt : objet, montant, durée de bonification, taux...

Ainsi, chaque année, les pouvoirs publics fixent le volume des enveloppes nationales de prêts bonifiés réalisables par catégorie de financement. Le Ministère de l'Agriculture mets alors à disposition de chaque département des quotas de prêts qui pourront être consentis aux agriculteurs.

 

Il existe deux catégories de prêts bonifiés en fonction de leur procédure d'octroi.

Les prêts de catégorie 1
Ils s'inscrivent dans le cadre de plans pluriannuels d'investissement qui doivent être examinés par la CDOA et confirmés par le PRéfer. Il s'agit :

- des Prêts Moyen Terme Spéciaux d'installation 5MTS/JA)
- des Prêts Spéciaux  de Modernisation (PSM) liés à la réalisation d'un plan d'Amélioration Matérielle (PAM)
- des prêts à moyen terme spéciaux pour les CUMA (MTS/CUMA°

Les prêts de catégorie 2
Ces prêts ne sont pas soumis à la CDOA, ni à un agrément du Préfet. Ils sont à traiter directement avec la banque. Il s'agit :

- des prêts à moyen terme spéciaux GAEC
- des prêts aux productions végétales spéciales
- des prêts spéciaux d'élevage
- des prêts calamités pour perte de récolte ou de fonds.

 

Les procédures d'attribution sont réglementées et l'obligation de passage en CDOA pour les prêts de catégorie 1 puis de la DDAF pour tous les prêts peut entraîner des délais de plusieurs mois.

 

Les conditions de revenu à atteindre

Le revenu disponible correspond au revenu agricole de l'exploitation majoré des amortissements et minoré des annuités en capital emprunté à long et moyen terme.

 

Installation à titre principal

Selon les départements, le revenu disponible à atteindre au terme des trois années de prévision par UTAF doit être :

Supérieur ou égal au RBE du département sans pouvoir être inférieur à 40% du RRN ou supérieur ou égal à 60% du RRN.

Dans tous les cas, le revenu disponible par UTAF ne peut excéder en 3e année 140 du RRN.

UTAF : Unité travailleur agricole familial, 1 UTAF = 2300 heures de travail par an.

RBE : Revenu brut d'exploitation départemental ; il est établi à partir des livraisons, diminuées des consommations intermédiaires et des charges, augmentées des subventions et indemnités d'assurance et publié chaque année.

RRN : Revenu de référence national. Le RRN correspond au salaire brut moyen des travailleurs non agricoles du département.

 

 

Cas des installations à titre secondaire

Le dispositif des aides à l'installation est applicable aux agriculteurs à titre secondaire (ATS) sous réserve qu'ils remplissent les conditions générales d'accès aux aides.

Cependant, la DJA ne peut être accordée à l'ATS qui s'installe en société. Le montant de la DJA ne peut être accordée à l'ATS qui s'installe en société. Le montant de la DJA est égale à la moitié de celui dont peut bénéficier l'ATP et les plafonds des prêts MTS/JA (encours, réalisation, sous plafonds) sont identiques.

 

Condition de revenu

Lors d'une installation à titre secondaire, le projet du candidat doit faire apparaître, au terme de la troisième année un revenu disponible par UTAF au moins égal à 50% du revenu minimum exigé dans le département.

Le revenu pris en compte est :
- le revenu par UTAF quand le nombre est supérieur à 1
- le revenu disponible de l'exploitation, quand le nombre d'UTAF est inférieur ou égal à 1.

Le cumul des revenus d'origine agricole et non agricole ne doit pas excéder 140% du RRN au terme de la troisième année suivant l'installation.

 

 

Les autres formes de financement


Les prêts non bonifiés

Le jeune agriculteur peut recourir à des financments bancaires non bonifiés par l'état afin de compléter son financment au delà des plafonds autorisés. Tout organisme de crédit peut proposer ces financements et le taux est libre.

Toutefois, depuis janvier 1990, les banques habilitées aux prêts bonifiés proposent des prêts conventionnés agricoles (PCA). Consentis pour une durée de 2 à 15 ans, ils permettent de financer des investissements agricoles à des taux inférieurs à ceux du marché (variable selon les banques).

 

Les prêts liés à un produit d'épargne

Les conditions d'attribution restent liées à une gestion internet des banques.

 

 

Les autres aides


Les aides fiscales

Les jeunes agriculteurs peuvent bénéficier de plusieurs mesures fiscales : 

- abattement sur le revenu imposable
- dégrèvement de la Taxe sur le foncier non bâti (TFNB)
- réduction des droits d'enregistrement en cas d'achat de foncier

 

L'abattement sur le revenu imposable

Un abattement de 50% est effectué sur les bénéfices agricoles imposables pendant les 60 premiers mois d'activité.

Les conditions :

- Etre imposé selon un régime de bénéfice réel
- avoir perçu la DJA, ou à partir du 01/01/93, être bénéficiaire des prêts MTS-JA.

Ce dégrèvement concerne également les agriculteurs âgés de 21 à 38 ans installés sans les aides nationales à l'installation entre le 01/01/1993et le 31/12/2003 qui ont souscrit un CTE à compter du 01/01/2001.

 

 

Le dégrèvement de la taxe foncière 
sur la propriété non bâtie (TFNB)

Depuis le 1er janvier 1995, les jeunes agriculteurs qui s'installent avec les aides bénéficient d'une exonération de la taxe communale sur le foncier non bâti qui peut être totale. La demande est à faire à la commune dans laquelle le jeune s'installe.

Montant de la déduction : 50% de la taxe sont pris en charge par l'Etat pendant 5 ans.

Les 50% restants peuvent être exonérés par les communes si elles ont voté cette mesure. La durée d'exonération est variable de 1 à 5 ans.

Pour bénéficier de ce dégrèvement, la déclaration doit être faite avant le 31 janvier de l'année et doit être déposée chaque année auprès du centre des impôts.

Ce dégrèvement concerne également les agriculteurs âgés de 21 à 38 ans, installés sans les aides nationales à l'installation depuis le 1er janvier 2001 qu ont souscrit un CTE avant le 1er janvier de l'année suivant celle de l'installation.

 

 

La réduction des droits d'enregistrement 
en cas d'achat de foncier.

La vente de biens immeubles est soumise à des droits d'enregistrement. En principe, les acquisitions d'immeubles sont taxés à 4,80% plus les frais d'assiette et de recouvrement. Ce taux comporte un droit départemental (3,6%) et des taxes communales (1,20%).

Les acquisitions d'immeubles ruraux par des jeunes agriculteurs font l'objet d'un régime spécial. Pour en profiter, le jeune doit bénéficier de la DJA ou de prêts MTS/JA.

Le taux est alors de 0,60% (droit départemental) dans la limite d'un plafond de 99 000 E. 

Cette réduction de taux est applicable dans les 4 ans à compter de la date administrative d'installation dans la limite du plafond de 99 000 E.

 

 

Les aides sociales

Une exonération partielle des cotisations sociales est admise pour les jeunes en première installation.

Dans le cadre de l'aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise, une exonération totale peut être accordée pendant un an si le jeune qui s'installe est :

- chômeur indemnisé ou susceptible de l'être
ou - bénéficiaire du RMI, ASS ou API
ou - inscrit comme demandeur d'emploi durant 6 mois dans les 18 derniers mois.

 

Les demandeurs d'emploi non indemnisés, les allocataires du RMI et de l'API et les publics jeunes (- de 26 ans) sont exonérés dans la limite d'un revenu n'excédant pas 120% du SMIC.

 

 

 

 

 

Les Jeunes Agriculteurs de Seine Maritime
Immeuble de l'Union Syndicale Agricole - BP 500 - 76235 Bois-Guillaume Cédex
Tél. : 02 35 59 45 00 - Fax : 02 35 60 37 98

 

 

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